Le cheval de Przewalski pas aussi sauvage qu’on ne le croyait ?

France Inter et le Figaro relaient aujourd’hui une étude du CNRS apportant la preuve que le cheval de Przewalski n’est pas aussi sauvage qu’on le pensait jusqu’à maintenant (vidéo du figaro en fin d’article)

Plus qu’un descendant des chevaux préhistoriques, le cheval de Przewalski seraient plutôt le descendant d’un des premiers chevaux domestiqués (le cheval de  Botaï au Kazakhstan) retourné à l’état sauvage.

C’est à Botaï que l’homme domestique pour la première fois le cheval. Du moins le croyait-on jusque-là car c’est au Kazkashtan qu’on trouve les premières traces de boisson faite à base de lait de jument. Pour cela, la jument a dû être domestiquée. Les archéologues ont aussi trouvé des traces d’enclos et même des traces de mors sur les dents des équidés.

Ludovic Orlando, paléogénéticien au CNRS, cherche depuis des années à reconstituer l’histoire de la domestication du cheval. Pour cela il séquence les génomes et remonte l’histoire en faisant des comparaisons.

Première surprise : contrairement à cette idée souvent admise, Botaï n’est pas l’ancêtre des chevaux domestiques actuels.

« C’est comme si vous trouviez que l’humanité n’est pas née à l’est de l’Afrique »

Deuxième surprise, Botaï est parent avec le cheval de Prewalsky, un cheval qu’on disait sauvage et qui a failli disparaître, explique Ludovic Orlando: « La surprise pour nous a été de constater que ce qu’on pensait être le berceau de l’origine du cheval domestique, s’avère en fait être le  plus proche parent, l’ancêtre le plus récent de ceux qu’on appelle aujourd’hui – et c’est là tout  le paradoxe – les chevaux sauvages. »

Le cheval de Préwalski a donc été domestiqué, puis est retourné à l’état sauvage parce que l’homme a cessé d’interagir avec lui.

Quand on essaie de comprendre le passé uniquement à l’image de ce qu’on voit aujourd’hui, on peut faire d’énormes erreurs.

Des chevaux de Przewalski dans la réserve de réintroduction de Kustanay, en Mongolie.
Des chevaux de Przewalski dans la réserve de réintroduction de Kustanay, en Mongolie. / Boldgiv Bazartseren

D’où vient le cheval domestique actuel ?

Si Botaï n’est pas l’ancêtre des chevaux actuels, qui est-ce ? « Il est rare d’en savoir si peu » confie Ludovic Orlando : « Le cheval ça fait 5 500 ans que nous interagissons avec lui dans une relation domestique. Des empires aussi immenses que celui de Gengis Khan, l’empire d’Alexandre le Grand se sont construits à dos de cheval. L’histoire avec un grand H c’est l’histoire de l’interaction entre l’homme et le cheval. C’est très rare de penser que quelque chose d’aussi important pour notre histoire est finalement aussi peu compris. »

Puisque le premier cheval domestiqué n’est pas au Kazkashtan, les recherches vont maintenant reprendre dans quatre autres zones géographiques : le nord  de la Caspienne, l’Anatolie, la péninsule ibérique et l’ensemble Roumanie-Hongrie.

« Par l’étude génétique on a montré qu’entre quatre et cinq milles ans avant aujourd’hui, juste un peu après la culture Botaï, il y a une expansion démographique immense dans les population de chevaux, quelque chose de l’ordre de 10 à 20 fois plus de chevaux sur terre en quelques siècles, » explique Ludovic Orlando. « Donc pour nous c’est une signature très forte du fait qu’il y a un cheval domestique quelque part, et c’est ce cheval là qui va finalement conquérir la planète ». 

Il ne reste plus qu’à le trouver. « On a été désarçonnés, mais maintenant l’excitation de la recherche et de la découverte future reprennent le dessus » conclut Ludovic Orlando.

Article disponible sur France Inter et video disponible sur le Figaro)

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