Fear Trip, Interview du réalisateur Géraud Burin des Roziers

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G. Burin des Roziers « J’ai eu peur car une négligence a failli me coûter cher » Crédit photo RMC découverte

Après la diffusion hier sur RMC DÉCOUVERTE / 20H50 retour sur une expédition glaciale – Après son aventure en Amazonie auprès du chef indien Warush, Géraud Burin des Roziers nous emmène ce soir dans un voyage extraordinaire et initiatique, dans le nord de la Mongolie, avec le peuple tsaatan. Le réalisateur se confie…

Après le climat tropical, vous voici plongé dans le grand froid…

Géraud Burin des Roziers : Ce voyage permet de montrer qu’un climat peut être vraiment rude. Un climat de prédilection pour moi qui suis ancien chasseur alpin. L’idée est de repousser les limites et de travailler en totale authenticité, sans secours de l’extérieur. Je propose une équipée avec une poignée de reporters pour vivre comme les autochtones, et montrer l’envers du décor.

Crédit: RMC Découverte

Où êtes-vous allés?

Chez les Tsaatan, des éleveurs de rennes. On a voyagé deux jours en 4 X 4, deux jours dans un fourgon russe, deux jours à cheval et enfin trois jours à dos de rennes. Ils vivent à la frontière de la Sibérie et rencontrent rarement des touristes. En tout cas, jamais à la saison où nous y sommes allés, car il faisait -40 °C la nuit…

C’est rude pour les hommes et le matériel…

Nous avions 200 kg d’équipement. On a fait tester nos caméras une journée entière à -40 °C dans un laboratoire d’essai en France. On a trouvé du câble russe qui résiste au grand froid. Nous avons employé un peu le système D. Par exemple, en entrant dans un tipi – les Tsataan vivent dans des tentes de branchages entourées de bâches -, la différence de température provoque une condensation qui met les caméras hors d’usage immédiatement. Il faut donc tout mettre dans des sacs-poubelles pour «amortir» le changement de température. Idem quand on va à l’extérieur. Le gel cristallise le matériel. C’était difficile.

Quel est votre plus fort souvenir?

Comme en Amazonie, un appel à la spiritualité en arrivant dans la taïga. Car j’y ai malmené mon corps tout en vivant une expérience inédite. J’ai passé une nuit seul, à garder un troupeau de rennes. J’étais dans une cabane et le chef Rhata m’a demandé de veiller sur le troupeau, contre les loups. Ça a été une nuit incroyable, mais le lendemain, tout heureux d’avoir réussi à surmonter le froid, je me suis aperçu que j’avais deux doigts tout blancs en train de geler. L’intérieur de mes oreilles aussi commençait à geler, et j’étais en hypothermie. J’ai eu peur, car une négligence a failli me coûter cher. Il faut se surveiller en permanence dans ce genre de climat.

KHOVSGOL DE NUIT

Pour arriver chez les Tsaatan, Géraud Burin des Roziers a traversé de nuit le lac Khovsgol, petit frère du lac Baïkal. «Il bouge, il craque, il a des crevasses, c’était très impressionnant, explique le réalisateur. Mais, de jour, c’est un lac émeraude, un vrai miroir. On a pris des images fantastiques avec un drone qui a cassé plusieurs fois et que nous avons réparé avec les moyens du bord.»

Interview tiré du tvmag.figaro.fr

Fear Trip (RMC Découverte) part en Mongolie le 12 août 2017 à 20h50

 

Samedi 12 août à 20h50, RMC Découverte diffuse un de ses documents, inédit, dans le cadre de la collection Fear Trip.

Géraud Burin des Roziers part en Mongolie vivre avec les Tsaatanes, l’une des dernières tribus nomades au monde, dans le froid extrême de la Sibérie. Appelés «les gens de la Taïga» ou «Doukhas», ils perpétuent les traditions ancestrales. Certains sont sédentarisés et vivent près de Tsagaan Nuur, dernier village mongol avant les terres sauvages, mais la grande majorité a choisi le nomadisme, une vie rude et singulière, en totale autarcie.

Géraud Burin des Roziers devra parcourir un très long périple afin de les trouver, endurer le froid, s’adapter à leurs coutumes, participer à leurs rites chamaniques et prouver ses qualités de chasseurs. Il devra faire appel à son instinct de survie et devenir un prédateur de la Taïga.

 

 

Géraud Burin des Roziers a couvert pendant 30 ans des conflits armés en tant que reporter de guerre. Il a également réalisé plus d’une centaine de reportages qui valorisent les notions d’engagement et d’aventure humaine.